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L’engagement, signe de contradiction

 

La Communauté Mission de France montre le visage d’une Eglise engagée. Comprendre l’expression religieuse d’un groupe, c’est sans doute s’intéresser aux croyances et à sa piété,  à sa foi et à sa prière, c’est aussi prendre en compte les rapports qu’il entretient avec son environnement. Ces rapports peuvent être nourris par la défiance, l’opposition, le jugement sévère ou le désir d’apporter sa pierre à la construction d’un monde plus juste, plus humain.

Retiré dans le désert, Jean-Baptiste condamnait le monde de Jérusalem et ses compromissions. Jésus, sans jamais approuver les turpitudes d’un monde hypocrite, s’assis à la table des ivrognes et des pêcheurs, appela un collecteur d’impôts comme disciple, et laissa publiquement une femme baigner ses pieds de parfum. Tous deux payèrent de leur vie leur engagement.

Militant, bénévole, affilié, il existe bien des manières d’engager son existence. S’engager peut-être aussi bien mû par le désir de répondre à un appel, d’être utile que de s’indigner et résister. S’engager, c’est être signe de contradiction. La force symbolique a autant de poids que l’action.

Quand la Communauté Mission de France propose un engagement comme acte d’intégration, Il ne s’agit pas seulement de faire partie d’un groupe qui a son identité et ses codes, mais d’un don de soi pour la cause de l’Evangile. S’engager, c’est sortir. Cette sortie de soi vient en contradiction avec le « quand je veux, où je veux, avec qui je veux et comme je veux. » Dans son encyclique Laudato Si, le pape François appelle à nous engager à une écologie intégrale, car sont inséparables la préoccupation pour la nature, la justice envers les pauvres et l’engagement pour la société et la paix intérieure.

C’est le défi spirituel d’un engagement qui altère ma liberté et lie mon existence à une multitude de frères et sœurs avec qui le Christ m’a donné rendez-vous.

 

 Arnaud Favart

Vicaire général de la Mission de France