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De l’égologie à l’écologie

 

Le pape François nous appelle à sortir d’une culture « égologique », où prime le droit individuel et l’intérêt personnel à une culture écologique intégrale qui prenne en compte l’ensemble du vivant. C’est une sacrée révolution de sortir d’une pensée où l’homme et le soi ne sont plus au centre du monde.

La mission de l’Eglise ne cesse d’être un mouvement de sortie. Elle est un déport et un départ. Vers des priorités qu’elle reçoit du Christ et vers ceux qu’elle ignore et ne rassemble pas, dont elle a beaucoup à apprendre.

Pas facile d’éviter des images spatiales, le centre et une périphérie, le dedans et le dehors !

Un siècle déjà que Charles Péguy avait déclaré : « nous sommes tous à la frontière ». Avec la fin de la chrétienté, nous avions pris conscience que l’Eglise n’est plus installée au centre du village, mais mêlée à une histoire, pétrie par une culture. Avec la sécularisation, nous avons pris conscience que le Royaume annoncé par Jésus ne vient pas surplomber l’histoire de sa superbe. Moines et missionnaires, militants et priants, fidèles et infidèles, femmes et hommes, aucun n’est installé dans une zone de confort, tous sont en chemin.

Lorsque Pascal Delannoy, vice-président de la Conférence des évêques de France et membre de la commission de la Mission de France, exprime ce qu’il attend de la Mission de France, il parle de durée, de fidélité. Sa remarque ne porte pas sur des espaces mais sur la temporalité, devenue source de tant de fragilités. Faire l’expérience de la durée et de la fidélité n’est guère dans l’air du temps. S’en remettre à la patiente école du temps est devenu quasi inouï. Puisque s’ouvre le temps du carême, prélude au temps pascal, puisse le temps nous offrir un authentique chemin de sortie.

 

 Arnaud Favart

Vicaire général de la Mission de France