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Comment parler aujourd’hui de ce temps que nous vivons ?

Depuis quatre mois, la crise sanitaire a chamboulé nos rythmes de vie, nos relations, nos regards sur ceux qui nous sont proches ou sur nous-mêmes.

Il a fallu accepter la distance avec des parents ou amis âgés, souffrir parfois de ne pouvoir être présent dans les moments de deuils. Nous avons connu l’annulation de réunions, de rencontres, d’occasions de faire la fête entre amis ou en famille. Les rassemblements que nous espérions pour permettre des retrouvailles tant attendues ont été reportés.

Mais il ne s’est pas rien vécu ! Beaucoup d’entre nous ont participé à des initiatives et des engagements au niveau local, occasions multiples de faire connaissance avec des voisins, de se mettre au service des plus isolés, de redécouvrir la richesse d’une vie en famille. D’autres manières de se retrouver se sont mises en place  grâce aux nouvelles technologies, permettant des échanges mais laissant aussi à l’écart ceux et celles qui n’y avaient pas accès. Nous mesurons l’importance du présentiel pour travailler, partager.

Aujourd’hui encore les difficultés vécues ne sont pas les mêmes pour tous, mais à travers la planète « un commun » a été partagé. Va-t-il nous révéler  un « chacun pour soi » toujours plus fort entre pays, entre cités ou entre quartiers ? Ou permettra-t-il davantage de solidarité et de partage entre ceux qui ont beaucoup, et ceux dont la précarité ne cesse de croitre ? Comment allons-nous réellement vivre les désirs qui ont émergés d’une vie différente, plus attentive à l’autre, plus respectueuse de note maison commune ?

Au cœur de ce temps difficile, des signes d’espérance peuvent germer. Ensemble, apprenons à les percevoir et à faire vivre des gestes de fraternité.

Anne Soncarrieu

Déléguée Générale de la Mission de France