Des prêtres au travail

Portraits de prêtres de la Mission de France

François est prêtre de la Mission de France, aumônier d’hôpital.

« À 21 h 30, appel du service de réanimation de l’hôpital. Une famille demande un prêtre. Je me prépare à affronter un malade dans le coma, une famille prostrée, une ambiance de plomb. 

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Me voici près d’une maman encore consciente, le visage souriant, rayonnant de paix, entourée de son mari et de ses grands enfants, en prière. Elle reçoit le sacrement des malades et dit « Seigneur, maintenant accueille-moi. » Et se tournant vers moi : « Que Dieu vous bénisse et bénisse votre mission ».
« Je croise Claudia une infirmière, ses yeux embués de larmes. « C’est maman. » Sa maladie s’aggrave, sa fille en connaît les signes. Elle vit loin et ne peut l’accompagner au quotidien, elle soigne et entoure les autres.
« Michèle travaille dans l’informatique ; elle vient souvent dans notre équipe. Elle nous a confié sa joie d’attendre un troisième enfant. Nous voilà tous porteurs de cet événement à venir…
« Et tant de gens qui passent poser leur fardeau de souffrance ou rendre grâce pour de bonnes nouvelles… Tant d’espoir… Tant d’amour… « Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps… », ce sont les nôtres.
»

Joël est prêtre de la Mission de France, cariste-magasinier dans une entreprise de Gennevilliers (92).

Au printemps 2010, Joël Cherief avait été un des quatre prêtres que le quotidien La Croix avait suivi pendant une semaine dans sa vie quotidienne.

Reportage de Dominique Quinio, directrice de la rédaction, et Elisabeth Schneider photographe.

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Arnaud est prêtre de la Mission de France.

Il a été plusieurs années aumônier des marins au long cours dans le port de Marseille-Fos.

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Geoffroy, prêtre de la Mission de France, est aujourd’hui retraité à Châlette-sur-Loing.

Dans la revue du diocèse d’Orléans Le Renouveau, il témoignait de son sacerdoce. Pour lui, il y a tant de manières d’être prêtre…
Extrait du n° 98 de décembre 2009

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Philippe est prêtre de la Mission de France. Il est maître de recherche au CNRS en immunologie, par ailleurs modérateur d’un réseau de scientifiques chrétiens, le Réseau Blaise Pascal.

Il a publié en novembre 2009 « Chercheur en sciences, chercheur de sens » (Ed de l’Atelier), conversation avec son ami Pierre Valiron, scientifique, non croyant.

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« Philippe Deterre, prêtre de la Mission de France, et Pierre Valiron, son ami, décédé entre temps, nous offrent un bel espace de réflexion, intelligent et sensible, comme il en reste peu. Une leçon d’humanité, d’espérance et de confiance pour l’avenir. » Dominique LANG – La Croix du 1er décembre 2009.

« Les techniques développées par les biologistes pour comprendre leur objet sont-elles dangereuses pour la société ? Que va-t-il se passer si le séquençage du génome humain devient une technique de routine hospitalière ? Quels garde-fous faut-il se donner pour l’utilisation thérapeutique des cellules-souches obtenues à partir des cellules somatiques ? Sans parler des graves questions à propos des techniques utilisées au regard du début et de la fin de la vie…
S’il y a une tâche chrétienne urgente, c’est, me semble-t-il, avant même l’exposé catéchétique des articles de la foi chrétienne, la participation active à la création et au développement des lieux d’échange et de dialogue. Chrétiens, nous croyons à un Dieu qui « entre en relation », et qui est, en lui-même, trinité relationnelle et communication incessante. »

Philippe est prêtre de la Mission de France. Il vit dans le Sud Algérien, sur une voie de migration intense, où il est témoin de l’aspiration de tant d’hommes à vivre dignement.

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« Comment me situer dans la réalité des migrants… Je suis un jalon sur la route des migrations, sur l’axe Mali-Alger via Adrar. L’engagement premier, c’est d’être là, disponible, ouvrir ma porte, accueillir l’inconnu, écouter, donner le pain, le café et le sucre et le lait et l’eau… Souvent accompagner au car pour Gao, via Reggane et Bordj el Moktar.
Cela n’a rien d’extraordinaire. C’est un service d’humanité, c’est tout. La vie est dure pour les pauvres, qui plus est pour les migrants. Cette dure loi de la vie me demande de tendre la main à celui qui est dans la souffrance, même si parfois il y a des ratés car la pauvreté pousse à des actes qui ne sont pas naturels.
Ce dont je suis certain c’est que depuis l’Incarnation, le divin est dans l’humain et toute humanité est divine. En homme de foi, j’espère, je recherche ce Dieu qui s’est fait homme en Jésus. Ce Jésus qui nous a montré comment être homme pleinement incarné. Je recherche son humanité dans cette misère, hélas trop concrète et réelle. Je me dis parfois que si Jésus revenait, il irait en Centre de rétention avec ses frères migrants. »

Paru dans la nouvelle revue de l’Eglise catholique d’Algérie PAX & CONCORDIA – n° 2.

Arnaud est prêtre de la Mission de France. Depuis juin 2012, il est vicaire général de la Mission de France. Il a été conducteur d’engins de chantier pendant douze ans, a travaillé à mi-temps comme chauffeur de transport scolaire et chargé d’un secteur rural en Creuse.

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Il a été aumônier Scouts et Guides de France du groupe Saint-Martia en Marche de Boussac, animateur du Réseau Rural de la Mission de France. Il a rédigé des chroniques régulières pour La Croix et Pèlerin.

En janvier 2010, il publie « La route, la boussole et le pain – Evangile et vie » (Presses de l’Ile-de-France) où il a recueilli nombre d’anecdotes de la vie de camp. Elles font la saveur de ces pages qui conjuguent l’évangile et la vie scoute.

Marcher, regarder, s’installer, partager des repas sont autant d’apprentissages de la vie scoute. Prenant appui sur le récit évangélique des compagnons d’Emmaüs, Arnaud Favart développe une triple pédagogie de la marche, de l’orientation du regard et du service fraternel pour devenir pèlerin, témoin et serviteur. Cette initiation est un appel à rencontrer le Christ comme chemin, vérité et vie.

« Il n’y a pas d’aventure qui conduise quelque part sans apprendre à s’orienter  » Arnaud Favart

  • Arnaud Favart : «Je serai curé-fermier». Dans l’ECHO DU BERRY n° 2914, du 28 janvier 2010, le portrait d’Arnaud Favart par Marie Desages. Nous remercions vivement la rédaction de l’Echo du Berry d’autoriser la Communauté Mission de France à reproduire ici cet article.
  • La route, la boussole et le pain – Evangile et vie
  • Journal d’un curé de Creuse – Bréviaire de route

Dominique, prêtre de la Mission de France, a été chauffeur-livreur, manutentionnaire, fraiseur, a travaillé à mi-temps au Jour du Seigneur pour l’émission Agapè. Il a été supérieur du séminaire de la Mission de France, animateur de l’équipe du Service Jeunes, responsable des vocations.

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Il a été prêtre à Ivry-sur-Seine, la ville où a vécu Madeleine Delbrêl, et à Saint-Fons Veyzin près de Vénissieux. Il a été vicaire général de la Mission de France de 2006 à juin 2012. Il est aumônier national du Secours catholique.

Il est auteur de « La foi des chrétiens racontée à mes amis athées » (Atelier, 2006).

Il est très attaché à la spiritualité de Madeleine Delbrêl et de Thèrèse de Lisieux.

« Quand je suis entré au séminaire de la Mission de France, j’ai été très étonné que les deux premiers prêtres que j’y ai rencontrés me parlent tous deux de Thérèse de Lisieux. Comment se faisait-il que ces prêtres ouvriers qui m’impressionnaient par leur expérience de prêtres au travail en usine et sur les bateaux, étaient « tombés amoureux » de la petite Thérèse ? Car c’est bien d’une histoire d’amour qu’il s’agit. Ils n’étaient pas amoureux de Thérèse, mais amoureux comme Thérèse et avec Thérèse de tous ces frères que l’Esprit Saint mettait sur leur route. Ces prêtres ont découvert que leur vocation de prêtres séculiers missionnaires était d’aimer ceux et celles à qui ils étaient envoyés, de les aimer de l’amour même dont le Christ les aime et de le leur révéler. On ne peut être prêtre si on n’aime pas les gens à qui on est envoyé. »

Henri, que tous appellent affectueusement « Riton », est prêtre de la Mission de France.

Originaire de la baie du Mont Saint Michel, marqué dès sa première enfance par l’orphelinat, il a très tôt le désir d’être prêtre.

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Avant d’être ordonné, il obtient son diplôme d’infirmier, puis d’éducateur. Homme d’accueil, il a participé à la création d’une structure pour des jeunes de 18 à 25 ans qui étaient à la rue.

Actuellement il pratique son métier d’éducateur à la prison de Fleury-Mérogis. Il fait partie de l’équipe d’ « appel au ministère presbytéral » de la Mission de France.

« Il y a une part de divin à rechercher dans chaque personne… »

Georges est prêtre de la Mission de France. Il a vécu de nombreuses expériences professionnelles
et dans plusieurs régions. Il est actuellement membre d’une équipe à Coutances.

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Quand et comment avez-vous perçu l’appel à être prêtre ?
Je suis né, j’ai vécu dans une famille de bonne tradition chrétienne où la foi me semblait une évidence. Dès l’âge du catéchisme, j’étais interrogé par les récits des missionnaires qui apportaient le don de l’Evangile à des populations qui ne connaissaient pas Dieu… J’ai appris par la suite que ce point de départ n’était pas très juste ! J’étais prêt à répondre à cet appel. Mais ce n’est qu’après mon régiment que j’ai commencé ma formation.

Jean-Christophe a été ordonné prêtre en 2009. Il travaille dans un Jardin de Cocagne, chantier pour accompagner par le maraîchage la réinsertion de personnes en difficulté (Lire la LAC n° 261 « Le rural : terre et liens »).

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« À la Communauté Mission de France, j’ai rencontré une communauté qui ne se noie pas dans des réflexions mystico-existentielles à vocation anesthésique. On partage les activités concrètes que chacun réalise pour que Jésus-Christ soit au cœur de notre monde.
J’ai rencontré une communauté en mesure de débattre avec intelligence. En effet, elle a le courage d’avouer ses difficultés et ses divergences internes. Je n’ai pas vu des propriétaires de solutions sûrs d’eux-mêmes, mais de véritables pèlerins de vérité. Une vérité qu’ils recherchent ensemble pour qu’elle devienne celle de tous.
Mais existe-t-il encore autour de nous des gens capables de marcher sur les eaux comme il y a deux mille ans ? Après mes différentes rencontres, je l’affirme : oui. Ce ne sont pas des grands maîtres spirituels que j’ai rencontrés, mais bien plus : de véritables témoins de Dieu.
Alors oui, il existe bel et bien des gens capables d’aller sans cesse plus loin, plus loin…, bien que ce « plus loin » rassure de moins en moins.
Oui, il existe bel et bien des gens qui osent se mettre à la hauteur de l’en-bas pour redonner du sens au non-sens, de la voix aux sans-voix.
Oui, je qualifie la Communauté Mission de France de complètement « u-to-pi-que ». À tous ceux qui grinceraient des dents en lisant cela, je précise que l’utopie n’est pas ce qui est impossible à réaliser, mais bien ce qu’il reste à réaliser.
Alors, plein d’espérance, je rends grâce à Dieu pour m’avoir fait découvrir cette communauté pleine d’humour qui remplit sa mission en faisant révéler le véritable visage de Dieu dans notre monde. 
»

Jean-Jacques, 61 ans, a été ordonné prêtre de la Mission de France en 1980. Il est membre d’une équipe dans le Lot. Là, outre son travail professionnel, il accueille les pèlerins sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle.

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« Trente ans se sont écoulés depuis mon ordination comme prêtre de Jésus Christ. Mais si on m’avait prédit ce jour-là la manière dont je suis prêtre aujourd’hui, je ne l’aurais évidemment pas cru. Je savais pourtant devoir m’attendre à des surprises, mais lesquelles ? On ne peut pas s’engager dans une vie de prêtre en voulant qu’elle soit une existence réglée et sans changement. Si je l’avais fait dans cet esprit, j’aurais certainement eu des difficultés et il aurait mieux valu que je fasse autre chose.
Je constate souvent à quel point ma manière d’être prêtre peut constituer une source d’étonnement pour beaucoup de gens. Parce que je ne suis pas un prêtre diocésain ordinaire mais prêtre de la Mission de France, parce que j’ai un travail professionnel, parce que j’ai un ministère un peu original avec les pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle, …ou peut-être aussi en raison de ma personnalité, de ma façon d’être…
Mais tout au long de mes années de ministère, j’ai été aussi bien souvent à moi-même une cause de surprise ! Et je crois qu’il est bon qu’un prêtre cultive sur lui-même et sur sa vie ministérielle cette capacité d’étonnement. Parce qu’un prêtre ne s’appartient pas totalement. Parce que, entre les mains de Dieu, ce qui arrive à travers lui le dépasse totalement et le traverse de part en part.
N’en déduisez pas que je me laisse aller au gré du vent ! Plutôt, je l’espère, au gré de l’Esprit. Et surtout, si ce chemin conduit de surprise en surprise, il y a, pour y avancer, des repères forts, des balises bien précises qui permettent de ne pas se perdre. Ce sont pour moi, la prière, l’eucharistie, l’écoute de la Parole de Dieu, la volonté de partager au plus près la vie des hommes et femmes de ce temps et de se tenir à leur écoute, la fraternité presbytérale, le partage au sein de la Mission de France, l’amitié et le soutien d’un certain nombre de chrétiens et de non chrétiens, la rencontre des pèlerins, et tous ces échanges, parfois inattendus, qui font avancer
. »

Paru dans « Eglise de Cahors » N° 3 – mars 2010.

Prêtre de la Mission de France, Jean-Marie vit en Algérie ; il fait partie de l’équipe d’Alger.

Le jardinier de Tibhirine (Ed Bayard, 2010) livre de Jean-Marie LASSAUSSE écrit avec Christophe HENNING.

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« Je suis en Algérie depuis 2000, après avoir vécu douze ans en Égypte en lien avec l’Église copte catholique, dans les questions de développement. À présent, je passe trois jours par semaine dans le travail agricole à Tibhérine pour continuer de faire vivre ce lieu chargé de mémoire et d’histoire. Je suis aussi dans l’équipe chargée de l’accueil à la Maison diocésaine à Alger, carrefour de l’Eglise et de la société algérienne par les nombreuses sessions d’O.N.G. organisées à cet endroit. Enfin, je garde un lien avec les camps de réfugiés Sahraouis, à 2000 km d’Alger.
La Mission de France évolue, la Communauté Mission de France se définira peu à peu, en restant fidèle à ce que nous appelons « l’obéissance au réel », à l’échange avec l’étranger, au dialogue avec les religions. La solidarité avec les plus pauvres reste fondamentale ; les pauvres des sociétés occidentales mais aussi des pays tiers. Ne nous y trompons pas, la société occidentale secrète en son sein de nouveaux pauvres. Il s’agit pour nous de les rejoindre en s’engageant à leurs côtés pour redire la foi dans leurs mots. Pour moi, la question essentielle est celle de la foi, je le constate dans ma propre famille, chrétienne de tradition mais frappée de plein fouet par l’indifférence. Nos sociétés, qui globalement vivent mieux, oublient le sens de Dieu, de la transcendance…
»

Prêtre de la Mission de France, Guy vit au Havre.

Guy est prêtre de la Mission de France. Il a été plusieurs années marin électricien sur de très gros bateaux. Il a mesuré là combien le transport maritime est un rouage essentiel des échanges mondialisés.

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Les marchandises produites en Chine, en Inde, au Japon, etc… arrivent dans nos ports à bas prix, mais chez nous le chômage, la précarité, la pauvreté augmentent. Au moment où l’on prend conscience que notre planète est limitée, comment s’y retrouver dans ce bouleversement ?
Guy Pasquier est depuis quelques années Secrétaire national de la Mission de la mer. Il vit au Havre.

Un entretien est paru sur le Bulletin du CFRT – Le Jour du Seigneur (n° 176 de Juin-Juillet 2013).
Nous remercions Chantal Joly et Le Jour du Seigneur de nous autoriser à le proposer sur notre site

Yves est médecin en PMI à temps partiel. Il fait partie d’un des trois Réseaux Santé de la Communauté Mission de France.
Il a été supérieur du séminaire de la Mission de France jusqu’en 2012.

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Il témoigne de la place du volontariat, lieu d’apprentissage à la rencontre, pour interroger la vocation.

Il anime tous les ans en janvier les sessions pour prêtres et diacres proposées par la Mission de France de tous les diocèses.

Philippe a 73 ans, est prêtre de la Mission de France, membre d’une équipe à Lyon.

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« J’ai toujours été repéré comme un « homme de Dieu ». Sur les chantiers B.T.P., les compagnons Algériens disaient « Philippe, il fait la prière ». Pourtant, je ne priais jamais en public. J’ai demandé un jour à Driss : « Comment sais-tu cela ? » Il m’a répondu : « Ça se voit dans tes yeux ».

Une parole de St Vincent de Paul me touche : « J’ai peine de votre peine ». La compassion, la fraternité, la fidélité sont des valeurs universelles. Mais souvent les mots peinent à dire la foi, même pour nous. Alors, je ne me moque jamais des questions maladroites. Je sais que derrière « Comment es-tu entré au Vatican ? » ou « pourquoi t’es pas marié ? », il y a « dis-moi ta foi », « dis-moi pour qui tu vis ».

Je pense souvent à ce « gône » de Lyon ; on était en apprentissage FPA ensemble et il s’étonnait : « Pourquoi t’es sympa avec Jacky, il est méchant ? », « et avec Ahmed, c’est un arabe ? » Un jour, à bout d’arguments, je lui réponds : « À cause de Jésus ». « C’est un copain à toi ? » me demande-t-il, « tu me le feras connaître ? ». J’ai gardé un classeur entier de ses lettres. Dans l’une, il me disait : « Je prie pour Dieu ».

Prêtre de la Mission de France, il a été seize ans aumônier à Rickers Island, la grande prison de New York. Il a créé, il y a quinze ans, la Maison d’Abraham, qui aide des détenus à se réinsérer et accueille leurs familles, notamment leurs enfants. Il a écrit « L’Appel du Bronx » (Presses de la Renaissance).

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« Je travaillais comme prêtre-ouvrier. J’étais soudeur. Un ami m’a demandé de venir dire la messe de Noël à la prison. J’ai rencontré des prisonniers affamés de contacts, attentifs à la parole de Dieu. J’ai senti un appel.

Avec l’équipe de l’aumônerie, nous avons découvert qu’on peut aider les gens à se ré humaniser en prison, mais qu’à la sortie, il y a un choc plus grand qu’à l’entrée. C’est pourquoi, nous avons crée la maison d’Abraham, ouverte aux anciens détenus, à leurs familles. C’est un peu la paroisse des prisonniers. Elle est aussi une alternative à l’incarcération pour certains condamnés. Depuis, aucun de ceux qui y sont venus ainsi en semi-liberté ne sont retournés à la prison. »

Christophe a été ordonné prêtre de la Mission de France en 1980. Il est diplômé de l’Institut pontifical d’études arabes et islamiques (PISAI) à Rome.

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Envoyé en équipe avec d’autres prêtres de la Communauté Mission de France, il a vécu neuf ans en Egypte.
En 2006, il a été nommé Directeur du Service national pour les relations avec l’islam (SRI) de la Conférence des évêques de France. Il enseigne à l’ISTR, Institut de Théologie des Religions du Theologicum de Paris. Il est l’auteur de La foi à l’épreuve de la mondialisation (Editions de l’Atelier, 1997). Nouvel ouvrage (Bayard, 2013) : Le prêtre et l’imam, entretiens avec Tareq Oubrou, préface du Cardinal Jean-Louis Tauran..

Guy a 43 ans. Il a été ordonné prêtre de la Mission de France en août 2002. Il est maître de conférence en physique à l’université de Cergy-Pontoise depuis 1997. Il fait partie de l’équipe éthique, cultures et foi (Paris)

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« Je ne cherche pas à « apporter la bonne parole ». J’essaie surtout que la rencontre avec mes collègues soit la plus vraie et la plus profonde possible. Pour que l’on puisse échanger sur ce qui est au cœur de nos vies. Pour moi, c’est le fait d’être chrétien et chercheur. Ce que cela produit ensuite, je ne le sais pas… C’est l’œuvre de l’Esprit. Être là, en tant que prêtre, montre que l’Église s’engage dans ces rencontres.
Je tiens à ce que ma présence soit quelque chose de gratuit. Aller à la rencontre des gens tels qu’ils sont.
Avec mon équipe Mission de France composée de deux autres prêtres, trois laïcs et un diacre, nous sommes responsables de la présence de l’Église à Gennevilliers. J’accompagne le « pôle-jeune », les scouts, l’ « équipe baptêmes » et je célèbre des messes. Le prêtre est au service du rassemblement de la communauté chrétienne autour du Christ. Si le prêtre vit au contact du monde qui est loin de l’Église, il peut peut-être aider la communauté a se structurer au contact de ce monde.
Je n’ai pas une conception de la foi où il y aurait, d’un côté, le lieu où on se ressource, et de l’autre, le lieu de la mission. Dans la rencontre de ceux qui ne croient pas en Jésus-Christ, on peut aussi faire grandir sa foi chrétienne, on peut accueillir et découvrir le Christ. C’est ce que je voudrais partager dans la paroisse

Dominique est prêtre de la Mission de France, membre de l’équipe de Troyes. Il travaille comme aide-soignant. Il est aussi formateur au toucher-massage®. L’hebdomadaire LA VIE a publié un portrait dans le cahier Les Essentiels du 20 juin 2013.

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« Durant des années, une vieille question née à la sortie de l’enfance, s’était posée à moi : « Suis-je appelé à être prêtre ? » Quand j’ai découvert la Mission de France, je suis entré au séminaire en pensant ne plus revenir à l’hôpital. Mais, durant la formation, j’ai découvert qu’être missionnaire, cela passait par la présence aux hommes blessés, souffrants, là où les discours sont réduits au silence. Or j’avais un métier pour vivre cela, un métier où le contact physique tient une grande place. Ainsi, l’idée de reprendre le chemin de l’hôpital s’est peu à peu imposée. Et en 1992, lors de mon ordination, l’évêque m’a envoyé dans ce monde de la santé, à Marseille.

Je demande à Dieu de m’apprendre à aimer, aimer les gens que le métier fait rencontrer et pas le métier pour lui-même. Je ne suis pas plus consciencieux qu’avant, mais maintenant je ressens un bonheur que je ne connaissais pas, à faire ce travail. »

Jean-Michel est prêtre de la Mission de France. Il a 63 ans. Il a d’abord été prêtre-ouvrier dans les transports, puis dans les BTP (Bâtiments et Travaux Publics).

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Jean-Michel VESTRAETE vient de publier « Où est mon Dieu ? »

«  Il retrace un itinéraire, une vie, une expérience de prêtre ouvrier, une expérience spirituelle dans ce vaste monde des bâtiments et travaux publics. Nous le suivons depuis l’appel à être prêtre entrant dans la Mission de France jusqu’au temps de sa retraite professionnelle. »
Mgr André Lacrampe, évêque de la Mission de France de 1988 à 1995.

Pour se procurer son livre : demander au 01 43 24 95 95.

« La vie du prêtre-ouvrier est, entre autre, une parabole. Elle dit sans discours la proximité de Dieu dans la vie professionnelle des gens. Cette parabole a toujours été significative depuis soixante ans pour le peuple des pauvres, pas toujours pour les dominants. C’est ainsi qu’en 1954, l’interdiction des prêtres ouvriers, fut pour ces derniers, un passage douloureux par la Croix, mais il a paradoxalement authentifié notre ministère auprès du peuple ouvrier.

Le ministère de prêtre-ouvrier est le ministère d’un parti pris, celui de l’Évangile. Cela a entraîné parfois des outrances et du désordre dans le système établi, dans l’entreprise comme dans l’Église. Lorsqu’elles sont justes, ces outrances, je les revendique. »

Jean est décédé en 2012 ; il avait été ordonné prêtre en 1955. Après sa vie professionnelle où il avait parcouru le monde, Jean a vécu les trente dernières années de sa vie au monastère de La Pierre-Qui-Vire. Il aimait se présenter comme un “vieux crabe de 85 ans… ”

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« J’ai fait trois ans de commando et j’ai renvoyé mes galons, redevenant “3e classe, 1 m 52, sachant lire et écrire”… J’ai fait quinze tours du monde, vingt ans d’expéditions polaires avec Paul-Emile Victor. Je suis parmi les douze hommes qui ont passé le plus de temps dans les glaces. J’ai traversé huit fois le Groenland. J’ai vécu trente ans de monastère à la Pierre-Qui-Vire, comme “faux moine”, car je suis de la Mission de France, un des derniers survivants des prêtres-marins de la première génération. »