L’Université d’été 2016 de la Communauté Mission de France du 14 au 17 juillet

Maison Saint Joseph à Francheville (69)

L’Université d’été 2016 de la Communauté Mission de France

 

Le mot université vient du latin et signifie « un regard tourné ensemble vers ». Elle a lieu tous les deux ou trois ans. Elle est préparée et animé par le Service Recherche Formation.  Elle est ouverte aux membres des équipes de mission, d’engagement missionnaire et de discernement. Si le nombre de places le permet, des amis en lien régulier avec la Mission de France peuvent y participer.

Consulter et télécharger le cahier n°4 ici

 

Si vous n’entendez pas les choses de la terre…

 L’Université convoque l’univers de nos rencontres, un univers peuplé de visages, de familles, de collègues, d’amis. Une foule de gens anonymes, rarement unanimes, parfois victimes. Une multitude de vivants, de migrants, de croyants, de croyants autrement. Un univers de travail, de labeur, de compétences, de connaissances, de talents. Un univers habité par des appels, par des générations et des traditions, par des habitudes et des révolutions, par de la joie et du malheur, par des poings serrés et des mains ouvertes.

…comment entendrez-vous les choses d’en haut ? Jean 3,12

L’Université d’été a le projet d’aller plus loin que nos récits d’expériences. Elle permet de franchir un cap, celui d’assumer en profondeur la dimension de multitude et d’universalité dont le mot « mission » est porteur. La mission comporte la nécessité d’interpréter la foi chrétienne en tenant compte de la diversité des cultures et du moment historique. Nous sommes devant ce travail à mener : oser des expressions théologiques assumant les conditions historiques actuelles. Il s’agit d’exprimer la foi que nous recevons de l’Église avec les paroles de vie que nous recevons des autres.

Par ta lumière, nous voyons la lumière  Ps 35,10

Ce regard tourné ensemble vers la multitude des vivants est indissociable d’un regard tourné ensemble vers le Christ envoyé du Père. Quand le Christ nous appelle et nous envoie sur le terrain de l’autre, il nous donne précisément rendez-vous sur ce terrain de la vie mêlée. Il nous donne de contempler la vie, le monde, l’histoire avec le même type de regard mendiant en quête d’une relation attentionnée, d’une confiance libérante, d’une joyeuse parole de vie.

 

             2016 : CORPS DU CHRIST POUR LA MULTITUDE

2014 : POUR QUOI TU NOUS ENVOIES ?   LAC n°277277

262 (1)   2011 : L’EUCHARISTIE POUR VOUS ET POUR  LA MULTITUDE  LAC n°262

  

252 (1)

 2009 : LE DEFI DE LA FRATERNITE LAC n°253

 

 

 

CORPS DU CHRIST POUR LA MULTITUDE

 

Elena Lasida interviendra à l’Université d’été 2016

elena-lasidaDocteur en Sciences Sociales et Economiques, Uruguayenne de naissance, Française d’adoption. « Je suis une femme traversée par les frontières. L’Uruguay est un pays frontière entre l’Argentine et le Brésil, entre la terre et la mer, entre l’Amérique latine et l’Europe. Mon grand-père italien faisait partie de ces immigrés qui ont repeuplé le pays il y a plus d’un siècle. »

 

Penser l’institution sous le mode de la fécondité plutôt que de la contrainte

En France surtout, les courants les plus influents de la philosophie politique et de la théorie sociale ont développé une méfiance de principe vis-à-vis des institutions. Il n’est pas exagéré de dire qu’elles ont accompagné, d’une manière souvent bien peu critique, le mouvement spontané d’émancipation des individus à l’égard des obligations qu’incarnent les institutions.

Avant de proposer une vision plus équilibrée, il convient de prendre toute la mesure du fait institutionnel. Quand on pense institution, on pense facilement à une organisation hiérarchisée et dotée d’un pouvoir de coercition, mais la notion d’institution renvoie d’abord à la reconnaissance par chaque individu de ce qui lui permet d’exister comme être social, membre d’une communauté historique particulière. Ce qui suppose, d’une manière ou d’une autre, l’accès à une dimension d’altérité généralisée qui ne se réduit pas à une somme de relations interindividuelles. L’institution, quelle qu’elle soit, incarne toujours d’une manière ou d’une autre l’obligation de tenir compte des autres et de se construire avec eux.

Groupe développement Justice et Paix, extrait de ETVDES, décembre 2014

 

La maison commune,

 13. Le défi urgent de sauvegarder notre maison commune inclut la préoccupation d’unir toute la famille humaine dans la recherche d’un développement durable et intégral, car nous savons que les choses peuvent changer. Le Créateur ne nous abandonne pas, jamais il ne fait marche arrière dans son projet d’amour, il ne se repent pas de nous avoir créés. L’humanité possède encore la capacité de collaborer pour construire notre maison commune. Je souhaite saluer, encourager et remercier tous ceux qui, dans les secteurs les plus variés de l’activité humaine, travaillent pour assurer la sauvegarde de la maison que nous partageons. Ceux qui luttent avec vigueur pour affronter les conséquences dramatiques de la dégradation de l’environnement sur la vie des plus pauvres dans le monde, méritent une gratitude spéciale. Les jeunes nous réclament un changement. Ils se demandent comment il est possible de prétendre construire un avenir meilleur sans penser à la crise de l’environnement et aux souffrances des exclus.

Laudato Si, pape François

 

Que sommes-nous les uns pour les autres ?

Des consommateurs, des ayants-droits, des concurrents ?

L’art de penser le bien commun a disparu du débat politique. L’Europe des nations est devenue une Europe libérale sans frontière et sans histoire. Depuis 30 ans, le droit est devenu l’instance maîtresse faisant passer la politique au second plan tandis que le sens de l’histoire est aplati et la mémoire religieuse d’avant 1789 refoulée. Quel destin commun peut-on envisager quand le pouvoir de tous s’efface devant le pouvoir de chacun ? Il n’y a pas seulement une précarité économique du chômage, il y a une insécurité culturelle sur laquelle l’extrême droite a fait son nid. Nous ne pourrons pas intégrer des migrants sur le seul registre du droit, sans prendre en compte le récit culturel de la nation. Il ne peut y avoir d’Etat et d’institutions sans la nation, comme il n’y a pas de structure d’Eglise sans peuple. Mettons la fraternité aux commandes, avant les institutions et le droit. Si l’Eglise prétend dire le commun de l’humanité, elle doit chercher à le dire et l’inscrire dans les faits avec d’autres partenaires de la société.

Extrait de la conférence de Guy Coq aux prêtres, du 16 janvier 2016,

 

Les dons que Dieu nous faits

L’expérience la plus belle est de découvrir de combien de charismes différents et de combien de dons de son Esprit le Père comble son Église ! Cela ne doit pas être vu comme un motif de confusion, de malaise : ce sont autant de cadeaux que Dieu fait à la communauté chrétienne, pour qu’elle puisse croître harmonieusement, dans la foi et dans son amour, comme un seul corps, le corps du Christ. L’Esprit lui-même qui nous donne cette différence de charismes, fait l’unité de l’Église. C’est toujours le même Esprit. Face à cette multiplicité de charismes, donc, notre cœur doit s’ouvrir à la joie et nous devons penser : « Que c’est beau ! Tant de dons différents, parce que nous sommes tous fils de Dieu, et tous aimés de façon unique ». Comme le rappelle l’apôtre Paul dans sa Première Lettre aux Corinthiens au chapitre 12, tous les charismes sont importants aux yeux de Dieu et, dans le même temps, aucun n’est irremplaçable. Cela veut dire que dans la communauté chrétienne nous avons besoin l’un de l’autre, et chaque don reçu se réalise pleinement quand il est partagé avec les frères, pour le bien de tous. C’est cela l’Église ! Et quand l’Église, dans la diversité de ses charismes, s’exprime en communion, elle ne peut se tromper : c’est la beauté et la force du sensus fidei, de ce sens surnaturel de la foi, qui est donné par l’Esprit Saint afin que, ensemble, nous puissions tous entrer dans le cœur de l’Évangile et apprendre à suivre Jésus dans notre vie.

Pape François

La Parole qui vient

Devenir missionnaire, personnellement et en équipe, ne peut se vivre sans être pénétré, « pétri » par les paroles d’Évangile, selon une expression de Madeleine Delbrêl. Même si l’Évangile nous arrive comme un texte qui parle de Jésus, ce qui fait son efficacité, sa force créative, c’est de laisser cette parole se faire chair en nous. « Cette parole, sa tendance vivante, elle est de se faire chair, de se faire chair en nous. Et quand nous sommes ainsi habités par elle, nous devenons aptes à être missionnaires. »
Nous avons à risquer notre parole pour que l’Évangile qui nous a été remis, puisse “ concerner nos contemporains ” et qu’avec eux, ouverts à leur voie spirituelle, leur culture et leurs “ paroles de vie “, nous fassions advenir une terre nouvelle et fraternelle.

Marie-Thérèse Weisse, Lettre aux Communautés  n° 283 « SERVITEURS DE LA PAROLE »

Homme de Parole

La Parole n’est pas un plus qui vient enrichir notre savoir et notre pouvoir, elle est habitée par un
Autre. Il ne s’agit pas de prendre la parole, de se saisir de la Parole, mais de se laisser saisir !
Le silence n’est pas seulement le lieu où la parole est possible 1, il doit aussi habiter la parole et l’irriguer.
Dans la parole, si l’on sait écouter les silences, les espaces, les « vides » qui séparent sont les lieux de l’irruption de l’autre ! « Écoute Israël » (Deutéronome 6, 4). La parole est d’abord un don, elle doit être reçue : il faut apprendre à ouvrir ses oreilles, et je n’ai pas fini d’apprendre !

Hugues Ernoult, Lettre aux Communautés  n° 283 « SERVITEURS DE LA PAROLE »

 

Responsabilité apostolique

A plusieurs reprises, le MANIFESTE de la Communauté Mission de France fait usage du terme apostolique : « Au cœur de la communauté Mission de France, les équipes de mission et les incardinés à la Mission de France portent de manière spécifique la responsabilité apostolique confiée à la Mission de France. »

Nous retrouvons cette notion d’apostolicité dans le credo de Nicée que nous proclamons à la messe : Je crois en l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique. Elle indique une source pour la foi chrétienne, celle qui a irrigué les disciples de Jésus et la première génération de l’Eglise. Alors que la génération des apôtres disparait, un nouveau corpus littéraire apparaît qui donnera le Nouveau Testament. Une tradition vivante émerge avec ses interprétations, ses discernements et ses méditations sur le Christ, envoyé du Père, qui envoie à son tour. Elle sera source pour les Eglises de tous les temps et de tous les espaces.

Arnaud Favart, Lettre aux Communautés  n° 283 « SERVITEURS DE LA PAROLE »