Olivier Thouret

Olivier Thouret

« La crise agricole est réelle et risque de s’avérer encore plus grave en hiver, lorsqu’il faudra acheter des céréales. Cette crise agricole est inquiétante. Il y un mois, un agriculteur éleveur de plus s’est suicidé près de chez moi.

Avant de parler de la crise, je sens une rupture de plus en plus grande entre le monde agricole et la société. La période de sécheresse que nous avons subi le révèle. Elles sont peu nombreuses les personnes à comprendre notre inquiétude. Il n’y a qu’à écouter la météo. Si un jour le temps se couvre, le lendemain la météo annonce du soleil, tel un cri de victoire. Qu’est-ce que le beau temps lorsqu’il n’a pas plu depuis 80 jours ?

Dans la crise qui se révèle au grand public, je suis solidaire avec tous les éleveurs qui la subissent mais avec beaucoup de questions. Si la grande distribution a sa part de responsabilité, les décisions prises pour ne plus limiter les volumes de production, pour favoriser l’industrialisation de l’agriculture au détriment des élevages à taille humaine, ont une part tout aussi grande.

Quel modèle agricole voulons-nous ? Voulons-nous des campagnes désertes sans paysan et des usines à viande ? Est-ce cela qui va sauver l’élevage ?

Comment est-il possible de bloquer aujourd’hui la France et de menacer les paysans et consommateurs qui ne veulent pas de la ferme des milles veaux à la Courtine (en Creuse, sur le plateau de milles vaches) ou toute autre ferme industrielle en France ? Refuser ce type de ferme, ce n’est pas se battre contre mais défendre un autre modèle d’agriculture. Je me pose la question qui a des intérêts dans l’industrialisation de l’agriculture ?

Quels seront les fruits des blocages ? Des miettes pour continuer un système et non une remise en cause des dysfonctionnements qui nous amènent là où nous en sommes.

Aujourd’hui, j’ai envie de dire Messieurs les responsables de la FNSEA, arrêtez de prendre les éleveurs pour des bœufs en les manipulant pour défendre les intérêts de quelques-uns. Osons, nous mettre autour de la table pour défendre l’ensemble de l’agriculture. Arrêtons ces fermes usines pour revenir à une agriculture à échelle humaine où l’on pourra tenter de maîtriser les filières et les volumes de production. »

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