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L’écologie, l’Europe et les gilets jaunes, c’est l’équation contemporaine à trois inconnues.
L’écologie est-elle une vertu seulement développée chez des citoyens courageux et inconnue d’une politique économique fondée sur la croissance ?
La justice sociale est-elle inconnue de l’Europe qui a installé une politique libérale de concurrence et de dérégulation en faveur des marchés financiers ?
Sortie de l’invisible, la classe populaire qui s’est exprimée par gilets jaunes survivra-t-elle à l’inconnue des grands débats ou perdurera-t-elle par la violence ?
Il manque toutefois une des couleurs fondamentales à l’équation. Celle du rouge de colère, du rouge feu de la combustion destructrice, du rouge cardinal de la honte, quand se conjugue la trilogie des trois abus : abus de pouvoir, abus de conscience et abus sexuels.
Ces fractures interrogent l’exercice du pouvoir et la crédibilité de toute autorité.
Les délocalisations de tous ordres n’en finissent plus de miner le lien social et la fraternité.
Les systèmes hiérarchiques et verticaux n’inspirent plus confiance.
Les citoyens demandent un renforcement du pouvoir d’agir, réclament un rapprochement des lieux de décisions quand leur vie quotidienne est en jeu.
L’Église doit aussi renverser la vapeur et sa manière de penser son organisation. Son autorité, elle la tient du Christ qui s’est identifié aux pauvres, aux malades, aux étrangers, aux prisonniers ainsi qu’aux enfants. On inclura la clameur de la terre aujourd’hui prisonnière de notre consommation effrénée et maltraitée sans vergogne.

 

 

 

Arnaud Favart

Vicaire général de la Mission de France