relecture de Guillaume Auguste 2009

relecture de Guillaume Auguste 2009

Week-end trentenaire

 

Participer au week-end trentenaires m’a renvoyé au livre de C. Théobald « Vivre un Evangile de liberté » . En effet dans son premier chapitre il nous explique comment le Christ est avant tout  celui qui faisant preuve d’hospitalité auprès du « quiconque » fait croître la foi que celui-ci a dans la vie. Ce sont ces deux mots « hospitalité » et  « foi » qui résument pour moi ce que nous avons essayé de vivre pendant ce week-end.

L’hospitalité, c’est d’abord celle des autres générations, tout particulièrement celle des cinquantenaires, qui en préparant les repas et en s’occupant des enfants nous permettent de vivre ce moment privilégié. C’est une façon à la fois discrète et marquante, d’accompagner ce qui commence.

C’est aussi l’accueil que nous avons les uns pour les autres. Beaucoup de participants ne sont pas de la Mission de France. Les uns et les autres se sentent plus ou moins proches de l’Eglise certains n’en font pas partie. Pourtant, chacun, dans l’ensemble, se sent accueilli. Cette année l’un des participants qui n’était pas chrétien déclarait, « Je trouve des personnes qui ont les mêmes valeurs que moi. » L’année dernière une autre personne, athée et profondément choquée par l’Eglise expliquait: « Je pensais venir jouer les troubles fête mais j’ai rencontré des personnes qui étaient confrontées aux mêmes problèmes que moi.»

Vivre cette hospitalité, avec tout ce qu’elle contient de réciprocité, me semble très important pour deux raisons. La première, c’est qu’il n’est pas fréquent de trouver un lieu où l’on puisse inviter si largement, ce qui s’explique sans doute par l’aspect très informel de la proposition. La seconde, c’est qu’à l’origine, il s’agissait de «fédérer » une nouvelle génération MDF. Que cela s’amorce dans un contexte aussi ouvert me semble beaucoup plus riche que si nous avions voulu le vivre en vase clôt.

Ce week-end a aussi été l’occasion de parler de notre foi au sens large.

Foi en Dieu ou pas, foi en la politique ou pas, foi en une vie féconde ou pas, foi en l’Eglise ou pas…

Parlant de la foi, C. Théobald nous rappelle qu’elle concerne tout homme dans la mesure où elle est indispensable à toute vie. Le seul fait de se lever le matin, suppose une foi en ce que la vie peut donner. Cette foi ne peut venir que du plus profond de chacun. « C’est ta foi qui t’a sauvé! » dit Jésus. En même temps, elle a besoin pour croître de rencontrer des passeurs. Qui sont ces passeurs? Peut-être tous ceux prêts à nous écouter avec bienveillance? Car être écouté, n’est-ce pas déjà s’entendre dire: « Ta vie a du prix. »

Foi en Dieu ou pas?

La foi en Dieu pose question, surtout quand elle est associée au Crédo. Ici les points d’interrogation ne manquent pas au point que certains se demandent au nom de la raison (notamment la raison scientifique) si la foi chrétienne peut être réellement prise au sérieux.  Les témoignages des uns et des autres nous font alors découvrir que la question de Dieu relève moins d’un savoir que d’une rencontre. Pour plusieurs, Dieu est celui qu’ils ont rencontré grâce à une communauté soit depuis l’enfance soit beaucoup plus récemment avec les groupes alpha par exemple. Dieu est alors reconnu et suivi parce qu’il est celui qui nous apporte un peu plus de vie et qui nous libère parfois de situations où nous étions profondément embourbés. De nombreuses questions demeurent mais elles sont éclairées différemment.

Foi en la politique ou pas?

Les réactions à chaud nous révèlent à quel point le débat politique est pour nous un grand spectacle où nous nous plaçons avant tout comme spectateur. Croyons-nous que nous pouvons avoir un réel impact dans ce qui se joue aujourd’hui en France et en Europe? La trentaine atteinte, le temps n’est-il pas venu de prendre notre part de responsabilité?

Les considérations sur le poids du système, notamment celui des partis politiques, nourris par la seule personne présente à avoir fait le pas de l’engagement, ont vite fait de calmer les élans.

Pourtant, certains pointent quelques possibilités. Internet est un outil  qui pourrait être plus souvent utilisé. Il permet notamment de faire pression auprès des députés par l’intermédiaire de leur Blog. L’investissement dans la vie politique locale est aussi un lieu intéressant car il est plus facile d’y percevoir les effets de  son action. Enfin certains continuent de vouloir pousser la porte d’un parti politique pour voir ce qui se passe derrière les slogans et les débats de campagne.

Finalement, une conviction pointe, le désir de voir des  hommes politiques qui aient le courage de défendre et de réaliser quelques idées phares. Un homme politique est un homme qui porte une « vision ». Soit, mais d’où lui viennent ses idées. Pour certains ils les portent de fait en lui, c’est ce que l’on pourrait appeler une vision messianique de la politique. Il n’y a plus qu’à attendre en espérant que ses idées soient les bonnes. Pour d’autres, ce sont les citoyens qui lui font remonter, c’est ce que l’on pourrait appeler une vision naïve de la politique, mais au moins a-t-elle l’avantage de nous mettre en mouvement.

Rendez-vous est pris dans un an.

Foi en la vie ou pas.

Le débat de départ semblait anodin: « Avoir des enfants ou pas ». Un premier temps nous a amené à ouvrir la question sur le thème de la fécondité. On ne juge pas sa vie au nombre d’enfants que l’on a eu. Pourtant, en tant que célibataire, on est sans arrêt renvoyé  à cette question. Et le fait que l’Eglise insiste autant sur les deux modèles du mariage et de la vie consacrée ne rend pas non plus les choses faciles.

Plus radicalement encore, certains se sont demandés si il fallait mettre au monde des enfants dans un monde si dur. La vie reçue n’est pas toujours perçue comme un cadeau. Dans ce cas là, mettre au monde des enfants est difficile à concevoir.

C. Théobald nous le rappelle:

« Puisque la vie n’est pas facile, il n’est pas non plus aisé d’y croire. Le mal sous toutes ses formes la traverse: la maladie, le malheur qui tombe sur quelqu’un de manière inattendue, les échecs et les séparations de toutes sortes, le mal-être… Personne ne peut croire en la vie à la place d’un autre. Certes, une parole extérieure, parole de passeur est absolument nécessaire pour accéder à cette foi; mais à quoi servirait une telle parole si elle ne réussissait à me convaincre. Ne dois-je pas m’entendre murmurer à moi-même: oui, c’est vrai la vie vaut la peine d’être vécue, j’y crois. Le terme de « con-viction » dit bien qu’il s’agit là d’une victoire sur tous les messages négatifs qui traversent une existence: victoire qui nécessite le concours d’autres personnes comme le suggère le mot « con-viction »mais victoire aussi que personne ne peut remporter à ma place. »

 

Merci à tous pour ce beau week-end.

 

Guillaume Auguste

mdfadmin

mdfadmin

      Laisser un commentaire

      *