« L’avenir de l’Église se dessine ensemble avec les talents de chacun » : être prêtres autrement ? La Vie

« L’avenir de l’Église se dessine ensemble avec les talents de chacun » : être prêtres autrement ? La Vie

105 séminaristes sont ordonnés cette année. Des vocations qui s’exerceront pour la plupart au service de paroisses, avec une charge de plus en plus importante. Certains évêques ont conscience de la nécessité de préserver l’équilibre de leurs prêtres et d’être aussi à l’écoute de leurs besoins.

Un avenir à l’étude

La dimension paroissiale faisant partie de la mission du prêtre diocésain, « son parcours aura forcément une certaine linéarité, observe quant à lui Bertrand Lacombe, évêque d’Auch et membre du Conseil pour les ministres ordonnés et les laïcs en mission ecclésiale. Et la mission de conduire une communauté, en étant accompagné d’une équipe, reste un lieu d’accomplissement de soi. » Avec, parmi les enjeux « fondamentaux », pointe l’évêque, des évolutions inévitables dans la répartition de l’animation et du service pastoral avec des laïcs. « Nous allons nous recentrer sur ce qu’apporte le prêtre, poursuit-il. L’annonce de l’Évangile, la célébration de l’eucharistie et des sacrements, la dimension pastorale. »

L’évêque de Chartres, Philippe Christory, abonde : « Nous avons besoin de curés pour nos paroisses, mais tous les prêtres ne sont pas faits pour être curés. Certains ne désirent pas l’être, mais se découvriront des talents dans ce ministère… D’autres s’épanouiront davantage comme vicaires ou comme aumôniers en pastorale. Ces différents facteurs sont discernés dans un esprit de collaboration. » L’évêque – qui confie toujours poser la question « quel est ton rêve ? » aux prêtres de son diocèse en passe de changer de mission – prône en tout cas « une souplesse de la structure, du réseau de paroisses, du réseau d’animation ». Afin qu’en l’absence possible de curé « une autre organisation soit imaginée pour tenir la paroisse, avec les chrétiens de la communauté, tout en conservant un prêtre desservant ». Et de conclure : « L’avenir de l’Église se dessine ensemble avec les talents de chacun, dans un projet missionnaire et spirituel avec les fidèles, qui sont prêtres, prophètes et rois par leur baptême. Concernant les prêtres, il y a des itinéraires qui peuvent être plus variés. Tant mieux si l’on peut penser à des nouveautés. »

Le discernement dans le dialogue

À la Mission de France, où la mission des prêtres est vécue à travers de multiples réalités, la problématique de fond reste la même : « La mission se réfléchit avec de moins en moins de prêtres », note Xavier Debilly, responsable du séminaire. Assistants sociaux, ingénieurs, enseignants, techniciens, les 70 prêtres de l’institution ont été ordonnés pour être envoyés avec d’autres baptisés comme « présence de l’Église dans le monde professionnel », rattachés aux diocèses et aux communautés chrétiennes locales.

« Les missions sont discernées dans un vrai dialogue, construit avec les différents référents concernés, avec une prise en compte des aptitudes et des charismes de chacun, détaille Xavier Debilly. Néanmoins, il est bon d’être un peu déplacé, dans l’obéissance au Christ qui nous appelle et nous envoie. Cela afin que notre désir ou notre projet ne soient pas érigés en absolu. » Il ajoute : « Au niveau de la formation des séminaristes, un des enjeux est de les équiper pour qu’ils puissent accompagner avec lucidité et bienveillance le changement d’époque que nous sommes en train de vivre. »

Anton, 35 ans, sera ordonné prêtre de la Mission de France le 29 juin 2024 à Vénissieux (Rhône). Envoyé comme ingénieur dans les infrastructures ferroviaires, il sera rattaché à l’ensemble paroissial de Vénissieux et de Saint-Fons. « Cette mission, qui implique une présence en cité et auprès des jeunes (comme entraîneur de judo, Ndlr), correspond à mon histoire et à mes affinités », témoigne-t-il, visiblement heureux.

Avec une touche plus personnelle : à sa demande, il restera aidant familial pour un de ses proches. Une obligation intégrée à son envoi et à son emploi du temps… Concernant son itinéraire à venir, il y entrevoit, toujours, la dimension du service, sans davantage se projeter. « Quant aux interrogations actuelles autour de l’avenir pastoral de l’Église, il serait sans doute intéressant de creuser ces questions, entre chrétiens : que souhaitons-nous garder et que sommes-nous prêts à lâcher ? »

 

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