L’être à la Terre des Young Caritas

L’être à la Terre des Young Caritas

 

 

Ils étaient cette année 700 jeunes venus de toute la France à Saint-Malo pour les Universités d’été des Young Caritas, la branche ‘jeunes’ du Secours Catholique Caritas France. Mais surtout 700 jeunes représentant 40 pays différents. 700 jeunes qu’unissent une conscience commune d’appartenir à la même planète et un même désir de la rencontre !

 

Certains sont venus en vélo, d’autres sont arrivés en avance. Certains sont arrivés avec juste un t-shirt, oubliant qu’en Bretagne il peut faire frais, même s’il ne fait jamais froid ! Heureusement, l’organisation a prévu les sacs de couchage et les vestes sont généreusement distribués à l’arrivée.

 

700 jeunes donc, et un projet commun : le devenir de notre terre et l’écologie intégrale, à la suite du pape François et de son épître ‘Laudato Si’. L’écologie, c’est ce que nous avons en commun, et c’est par l’action que nous avons choisi d’aborder le sujet. Quels meilleurs espaces que la cuisine ! Travailler ensemble dans la bonne humeur; repérer des agriculteurs locaux d’accord de nous fournir le produit de leur exploitation ; traiter ensemble la question du tri des déchets et s’éduquer mutuellement ; faire la vaisselle en mesurant le coût de l’eau, même sous nos tropiques…

 

Mais justement, le coût de l’eau a fait prendre conscience aux organisateurs qu’il fallait éviter la radicalisation écologiste. Choix fut donc fait de louer les services d’un « vaisselier », qui récupérait le soir la vaisselle sale et nous la rendait propre au petit matin. C’est un exemple, parmi d’autres, des multiples arbitrages qu’il fallut faire pour ajuster le thème au principe de réalité. Comme l’a dit l’un d’entre nous : « Il ne s’agit pas d’être parfaits, mais de faire au mieux en ajustant chacun ses propres choix et en apprenant les uns des autres. »

 

On a vu ainsi des jeunes en sensibiliser d’autres à la question du tri des déchets au moyen de sketches humoristiques ; ou bien une petite équipe qui a osé se mettre en scène devant tous les autres pour présenter le sujet de l’écologie ; ou encore 15 parcours thématiques proposés, allant de l’eau ou la poubelle à la conception du smart phone ou l’isolation de la maison… Chaque fois une aventure collective où il n’y a pas le sachant qui apprend à tous les autres, mais une sensibilisation mutuelle !

 

Le thème était aussi abordé du point de vue spirituel. Chrétiens, musulmans, agnostiques se retrouvaient aux aurores, chacun dans leur tentes marabout, pour laisser monter vers le ciel leur louange ou leur méditation… Le deuxième jour, un temps commun au milieu des trois tentes a permis de partager notre « l’être à la terre »… Le silence laissait libre l’inspiration. Puis nous nous réunissions autour d’un trou creusé. Chacun y déposait alors son mot à la terre, ‘ouverte’ pour l’occasion. La pluie venait doucement nous rappeler que si nous plantons nous n’abreuvons pas, et que la Terre-mère allait digérer nos messages sur papiers-bio comme elle doit digérer tant et tant de conséquences de l’action humaine.

 

Un des jeunes mannequins de Calais présentant leur défilé de mode

 

La plénière d’entrée à 700 était l’occasion de préciser les enjeux. Aumônier de la rencontre, je prenais avec moi un escabeau que j’escaladais sur la scène sous les rires de l’assemblée. Micro en main, je précise alors à quoi correspond chaque marche. Première marche : « À la base, c’est l’écologie intégrale, qui concerne chaque pan de notre vie en société. » Deuxième marche : « La relation à soi-même, si essentielle… » Troisième : « La relation aux autres, qui nous ouvre au monde… » Quatrième : « La relation à la nature, pour apprendre à la respecter… » et au moment de faire le dernier pas, debout au sommet de mon escabeau, je constate qu’il n’y a plus de marche !  « et… la relation à Dieu ?!… » Mais la relation à Dieu concerne toutes les autres marches ! La relation à Dieu, c’est tout l’escabeau qui nous l’inspire… si nous Le cherchons ! »

 

Chacun est venu avec ses propres questions, et certains parfois venaient sans bien savoir. Mais tous sont repartis avec à l’esprit la conscience de la fragilité de notre univers,  et comme le disait Fanny : « un fragile espoir dans ce que nous pouvions y changer. » Mais ensemble, nous avons appris que nous pouvions y faire quelque chose, même si c’est avec la force d’un colibri ! Tous ont présent au coeur qu’agir pour la fraternité et la préservation de l’écosphère va de pair. « I have a green dream ! » disait le slogan des Universités d’été 2018 des Young Caritas. Les graines plantées par le grand Martin Luther King, 50 ans après sa mort, prouvent qu’il y a toujours un chemin…

 

Patrick Salaün

Prêtre de la Mission de France, équipe de Lannion

 

 

 

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